Lancelot-Graal avec interpolation du Perlesvaus
Joseph d'Arimathie recueillant le sang du Christ
Paris, vers 1404 et vers 1460
Parchemin, 129 f. (2 col.), 490 x 340 mm
Provenance : Jean, duc de Berry ; Jacques d'Armagnac, duc de Nemours ; présent dans la Bibliothèque du roi sous François Ier
BnF, Manuscrits, français 120 [série français 117-120] (f. 520)
Cet énorme manuscrit, qui a appartenu au duc de Berry, puis à Jacques V d'Armagnac, est actuellement scindé en quatre tomes. La peinture placée au folio 520 rappelle l'origine légendaire du Graal, telle qu'elle fut fixée vers 1200 par Robert de Boron et reprise par le Lancelot-Graal et le Perlesvaus. Elle représente le Christ au Calvaire avec la Vierge et saint Jean. Agenouillé au pied de la Croix, Joseph d'Arimathie recueille dans le Saint Graal le sang salvateur qui s'épanche du côté transpercé du Christ, réitérant le geste symbolique que l'iconographie traditionnelle prête à la personnification de l'Église. La contemplation de ce vase sacré, signe de la présence divine et de la Rédemption, est le but de la Quête menée par les chevaliers de la Table ronde, dont les aventures périlleuses sont une allégorie du combat spirituel contre les forces du Mal. L'ensemble de la page porte l'empreinte de l'histoire du manuscrit. Si la composition d'origine, due au Maître des Cleres femmes, a été respectée, le modelé, les mains et les visages ont été modifiés vers 1460, sans doute par Évrard d'Espinques, un peintre d'origine allemande au service de Jacques d'Armagnac. L'initiale à rinceaux de vignettes qui jouxte la peinture est intacte ; en revanche, la baguette occupant l'entre-colonne et celle ornant la marge extérieure font partie des remaniements apportés au décor. Enfin, les marges supérieure et inférieure sont respectivement timbrées des écus armoriés des deux mécènes : Jean de Berry et Jacques d'Armagnac.